Tiens, tu es curieux à ce point pour en redemander ?
(car cette page est normalement la suite de "qui est Jean-Claude")
Bon, puisque tu insistes, voici une deuxième longue page sur mes péripéties.
Arrivée au camping les chênes à Royan
Comme dit plus haut, je louais des emplacements sur 3 campings de Royan et un à l’île d’Oléron.
Arrive le moi de mai, le nouveau propriétaire du camping les chênes à Médis, banlieue de Royan, avec lequel j’avais fait affaire pour la location de 100 emplacements, m’annonce un jour :
"Quel dommage que j’aie acheté ce camping, ça me fait louper une affaire formidable d’un bar sur l’île d’Oléron.
Si je trouve un pigeon pour m’acheter les parts sociales 50 000 F, il y a moitié crédit normal et moitié crédit vendeur, et je reste caution des crédits"
J’ai réfléchi au moins une demi-seconde, et ai dit aussitôt :
"bouges pas, le pigeon tu l’as trouvé ! sauf que pour les 50 000F tu attendras la saison"
Fut dit fut fait, et me voilà l’heureux propriétaire des dettes d’un camping délabré qu’il fallait retaper entièrement, faire les routes, refaire les sanitaires, construire une piscine.
Même pas peur !

Pour galérer, j’ai galéré, mais quelle satisfaction !
J’ai fait de ce qu’on pouvait appeler un grand champ et un grand bois un vrai camping, passé de 200 à 400 emplacements, multiplié le chiffre d’affaires par 10 pour arriver à payer mes traites.
A cause d’une incompatibilité d’humeur avec une employée de la DDE qui voulait me faire admettre que des auvents en toile étaient des "habitations légères de loisir", et que les "emplacements tout confort" (avec eau, électricité et égout) n’étaient considérés comme tels que si il y avait des chalets dessus, je me suis vu obligé de lui expliquer qu’elle avait de la chance de ne pas être un homme….
Même sous la torture on ne m’empêchera jamais de dire ce que je pense !
Tout ce que j’y ai gagné est d’attendre 5 longues années pour obtenir enfin mon homologation pour pouvoir travailler, suite à une intervention heureuse du médiateur de la République.
On a même été jusqu’à me demander une attestation m’autorisant moi-même à faire une demande de travaux.
J’ai même abandonné un projet d’installation de chalets quand j’ai su qu’il fallait remplir 12 fois les 7 dossiers nécessaires à une demande de travaux pour installer 12 chalets identiques.
Soit 12 x 7 = 84 fois 2 kilos = 160 kilos de paperasses complètement inutiles…..
(parmi lesquelles figuraient bien sûr mes 84 autorisations m’autorisant à demander l’autorisation…..)
Souvenez vous de ça les p’tits loups : quand tu es petit, tous les gros qui se bouffent le nez habituellement deviennent tous copains pour t’empêcher de t’agrandir !
Merci au passage au directeur de l’URSSAF, qui bien qu’en me taxant 10% me faisait payer au printemps ce que j’aurais du payer en octobre.
A un banquier qui se reconnaîtra et qui a su me faire confiance en cachette de ses supérieurs.
Et à certains fournisseurs qui ont su patienter quand il le fallait.
Mais à vivre ça au jour le jour (ou plus exactement ne penser qu’à ça toutes les nuits), c’est vraiment épuisant, quand on est seul pour tout gérer.
Et que de nuits blanches quand il manque toujours 10 centimes pour faire un franc !
J’ai donc revendu ce gros camping pour m’en trouver un plus petit, plus convivial, pour être plus proche de mes clients.
J’ai choisi la Dordogne pour son cadre, rien que les paysages sont reposants, et il y fait bon vivre.
Oh le beau métier que voila !
Quoi de plus beau que se dire en se levant le matin : je vais encore prendre mon pied au boulot aujourd’hui !
En effet, tout est tellement varié, il faut faire tous les corps de métier, et pour s’ennuyer il faut le faire exprès !
Toute l’année, il faut jouer au jardinier, en ce moment je suis élagueur, demain électricien ou plombier, conducteur d’engins, maçon, et j’en passe.
J’ai bien été en son temps comptable avant qu’on me retire la table…
Quand la journée est finie, on s’en retape une deuxième au bureau pour essayer de ne pas laisser les paperasses s’entasser.
J’ai passé tout mon hiver à pondre le site sur lequel vous êtes en ce moment.
Avec l’aide de Gilbert, mon informaticien préféré, qui se démène pour résoudre tous les problèmes techniques.
Et quand arrivent les beaux jours, il faut que tout soit prêt pour vous recevoir.
Et alors ça fait tellement plaisir de vous entendre me dire :
"tu en as du bol avec ton métier, tu ne travailles que deux mois par an !"
C’est vrai que pour vous c’est normal que je me tape 15 heures par jour en été, vu qu’en hiver je n’en ai fait que douze !
Et en été ce sont des nouveaux métiers qu’il faut faire : hôtellier, restaurateur, barman, déboûcheur d’égout (voir photo sur page humour), conducteur de petit train, champion de tondeuse.
|
|
|
Faut-il que je vous aime tout de même !
Car elle est là ma récompense. Et comment j’apprécie la joie des enfants, les éclats de rire de notre Stéphane au bar, et vos larmes le jour du départ.
En toute modestie, je me dis que mon supérieur hiérarchique m’a confié une mission ici-bas pour apporter du bonheur à ce qui est devenu ma grande famille…..
Bon, arrêtons un peu là les louanges du saint homme !
Un jour, quand je serai encore plus vieux (t’as qu’Ã Haar) je pondrai un bouquin sur tout ce qui se passe sur un camping.
Ou même plusieurs, tellement j’ai d’anecdotes à raconter.
Des amitiés qui se font, se défont. Des amours naissantes, des "au revoir" qui disent "adieu" (ça je l’ai pompé dans une chanson d’Annie Philippe, ça vous dit encore quelque chose, les vieux ? ?)
Des voisins depuis 15 ans dans une hlm qui ne s’étaient jamais parlé se sont trouvés par hasard voisins de caravane, et sont devenus inséparables.
Roger Gicquel n’a rien inventé, toute la misère du monde je l’ai trouvé un jour avec un pauvre type qu’on avait du mal à comprendre parcequ’il parlait à travers sa trachéo (un trou sous la gorge)
Petit salaire de facteur, il avait eu 9 enfants, et les allocations de l’époque n’étaient pas celles d’aujourd’hui !
Un mois avant sa retraite, il achète une belle caravane toute neuve, et décide de commencer enfin à profiter de la vie !
Parlons-en !
Dans le mois qui a suivi, il a perdu sa femme d’un cancer foudroyant et hospitalisé lui aussi pour la même maladie.
Le reste de l’année a vu disparaître 5 de ses 9 enfants, 4 du cancer, toujours ( !!!) et une pauvre fille venue tout bêtement pour accoucher, et qui a été victime de l’animosité entre un médecin blanc et un de couleur à l’hôpital de Poitiers.
L’affaire avait fait beaucoup de bruit dans les années 80, un ayant interverti les tuyaux d’oxygène avec un autre pour faire croire que l’autre avait fait l’erreur….
bon, pas marrant, mais maintenant c’est dit, et que je n’en entende pas un se plaindre à partir de tout de suite !!!
Ces pages sont un test. J’ai mis un compteur pour voir si elles intéressent (petit logo xiti tout en bas), et si oui je me lance dans l’aventure. (une de plus, au point où on en est !)
Oups, j’oubliais ! Comme vous pouvez vous en douter, seulement 12 heures par jour en hiver, c’est pas trop mon truc !
J’ai donc débuté une nouvelle aventure avec Gilbert, mon informaticien, pour proposer des installations wifi sans investissement (c’est moi qui paye tout !).
Ca peut intéresser les hôtels, les campings, les mairies, les universités…
Si vous connaissez quelqu’un qui aurait besoin de ça, envoyez-le ici :
www.louefacile.com
Et à bientôt au camping La Granelle !
Jean-Claude
Mets cette page dans tes favoris
salut Olivier,
merci pour ton petit mot. Je n’ose même pas imaginer ce qu’est devenue l’ambiance des chantiers aujourd’hui, vu ce que c’était déjà devenu en 84 quand j’ai été "remercié" !
Nous n’avons pu nous connaître chez Montalev, puisque quand j’en suis parti tu étais encore sur les bancs de l’école.
Mais bon courage à toi, et parle de moi quand tu seras en chantier avec des "dinosaures" qui ont connu la belle époque.
nostalgie, quand tu nous tiens !
merci Olivier, tu me fais rougir. ;-()
Je n’ai rien inventé, j’ai seulement essayé de survivre avec mes modestes connaissances et moyens. A la portée de tout un chacun volontaire. Mais parfois avec tout de même une dose de chance.
|
|